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Cloud Computing : une menace pour la « prod » ?

Le 25 avril 2014 par Jean-Pierre Le Treut, Directeur Business Development, Le Cloud by Bull

Le Cloud Computing bouleverse l’informatique et au-delà à travers les nouveaux usages qu’il permet. Tout le monde est concerné : le grand public comme les utilisateurs professionnels, et bien entendu les fournisseurs de technologies numériques.

Dans les entreprises, les équipes chargées de la production informatique sont en première ligne. Elles voient leur métier potentiellement bouleversé par l’arrivée du Cloud.

Et comme il vaut mieux identifier à l’avance les risques pour bien se préparer, voici un petit tour d’horizon sur ces technologies qui impactent tant « les équipes de prod ». D’autant plus qu’au-delà des risques pour la DSI, de nouvelles opportunités apparaissent.

Le SaaS grignote peu à peu le périmètre de la production
Avec le SaaS (Software as a service), les applications ne sont plus hébergées et administrées par la Direction Informatique de l’entreprise mais par les éditeurs, ceux-là même qui ont créé ces applications. Les utilisateurs accèdent en ligne à ces applications moyennant un coût à l’utilisation.

Conséquence immédiate : le champ des opérations de la production informatique traditionnelle se réduit. Bien sûr de nouvelles applications apparaissent et de plus anciennes quittent le portefeuille de la DSI. Mais des pans entiers sortent du périmètre opérationnel de la production par le biais de l’acquisition des applications en mode SaaS. Certains métiers ont naturellement adopté ce modèle. C’est le cas des Ressources Humaines, car le SaaS vient dans la continuité d’une tradition d’externalisation de la paie. C’est aussi pour une raison quasi inverse le cas de la relation Client car c’est un domaine nouveau qui s’est immédiatement positionné sur le modèle Saas, promu par quelques leaders de ce marché.

De leur côté, les intégrateurs, autre grand fournisseur d’applications, adoptent des principes de « saassification ». Non seulement dans le cadre du développement d’applications génériques, mais également dans le cadre du développement d’applications « à façon » pour un client. Les intégrateurs vont alors compléter leur proposition d’études et de développement par une proposition d’exploitation récurrente de l’application nouvellement développée et adaptée aux infrastructures cloud, en s’appuyant sur leurs propres environnements de cloud privé ou sur des environnements de clouds publics.

Le DevOps transfère des opérations de la production vers les Etudes
Le modèle DevOps (Développement et Opérations) accélère la mise en production des nouvelles versions d’une application pour que l’informatique réponde mieux aux besoins métiers de l’entreprise.

Une des problématiques adressées par le modèle DevOps concerne la traditionnelle opposition entre les équipes de développement et les équipes de production.
• Les premières développent, testent et qualifient. Leur première motivation : livrer beaucoup de nouvelles fonctionnalités.
• Les deuxièmes mettent en production et gèrent les travaux. Leur première motivation : assurer la stabilité, la disponibilité et la performance des applications sur les environnements de production.

La chaine de support qui traite incidents, problèmes et changements s’appuie sur ces deux entités avec de fréquents allers retours lors d’incidents complexes. Les deux entités n’ont pas les mêmes objectifs, les mêmes rythmes ni les mêmes enjeux : si proches, elles sont forcément régulièrement en conflit.

La promesse du DevOps est de faire converger ces deux approches en alignant les objectifs et les processus et en optimisant les moyens affectés à ces deux activités : cette convergence est parfois assurée au prix d’une participation accrue des équipes de développement dans les opérations récurrentes : celui qui a développé une application n’est-il pas qualifié pour déployer cette application en production ?. Là encore, le risque de réduire la responsabilité des équipes de production est réel.

L’automatisation apportée par les suites de management Cloud modifient les métiers
Bonne nouvelle : le Data Center s’industrialise. Si de nombreux outils ont permis dans le passé d’automatiser un certain nombre de tâches de production (supervision, automatisation des batchs, déploiement de packages), ceux-ci sont souvent restés limités à une fonction, utilisés en mode silo par des profils spécifiques et sans intégration ni communication.
Les suites Cloud sont de puissants outils intégrant de nombreuses fonctionnalités d’automatisation : workflows, provisionning, orchestration, déploiement d’infrastructure et d’applications. Ces outils doivent faire l’objet d’une réflexion globale, d’une intégration spécifique basée sur des librairies et des scripts. De nouveaux métiers se créent autour de ces outils, les responsabilités des profils existants évoluent, les missions des uns se transfèrent aux autres.

Catalogue de service, portail : la relation à l’utilisateur évolue
Portails et workflows permettent de gérer les demandes des utilisateurs en exposant un catalogue de services qui ont fait l’objet d’une qualification et ingénierie amont.
Eléments clés des solutions Cloud, le catalogue de services et le portail modifient profondément la relation entre « l’utilisateur » (le responsable des Etudes, le chef de projet métier…) et la production. Car si l’automatisation est poussée jusqu’au bout, l’utilisateur a alors toute liberté pour gérer lui-même ses environnements : que devient alors l‘intervenant de production qui opérait pour son utilisateur ?

Cloud hybride : le terrain de jeu dépasse le data center de l’entreprise
Le cloud hybride mixte des solutions de cloud privé hébergées dans les locaux du client ou de son infogérant avec des solutions de cloud public externes

Le futur sera hybride. En effet, les atouts du modèle de cloud privé complètent de plus en plus clairement ceux du cloud public : maîtrise et sécurité pour l’un, élasticité et standardisation pour l’autre.
Les équipes de production doivent donc se préparer à gérer des environnements qui dépassent leur propre data center : situés dans ceux d’un partenaire en cloud privé ou chez de multiples fournisseurs en Cloud public. Cette gestion devra être « éclairée » afin d’utiliser les environnements les plus adaptés (engagements de services, coûts) à la demande du moment.

Au-delà du risque pour la DSI, de nouvelles opportunités apparaissent
Avec les solutions apportées par le Cloud Computing, d’importants changements sont en cours : mieux les équipes de production sauront les anticiper et les accompagner, plus elles seront capables de se repositionner au sein de l’entreprise comme un élément clé générateur de valeur.

Car le Cloud, l’automatisation, les environnements hybrides…. vont générer de nouvelles missions et permettre d’assurer des activités difficiles à réaliser jusque-là : la production doit assurer un rôle d’intégrateur de services fournis en interne comme en externe (par exemple les applications en SaaS). Elle sera garante de la cohérence et de la flexibilité du modèle global, de la sécurité, des communications entre des applications de plus en plus construites dans un modèle SOA.

Enfin ces modèles vont permettre une réelle orientation métier de la production qui sera garante de SLAs dans des modèles de delivery complexes, de mises en production plus rapide et plus fréquentes d’applications sur une infrastructure optimisée car objet d’un processus de capacity management efficace.

Performances applicatives et économiques : les fondamentaux de la production sont toujours là dans un contexte en pleine évolution. Les opportunités sont réelles pour les équipes de production qui sauront accompagner cette transformation.

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