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||| CLOUD

Le Cloud, phase 2 : transformer la DSI

Publié le 04 janvier 2013 par Pierre Picard

De nombreuses grandes entreprises et administrations ont d’ores et déjà poussé très loin les logiques d’industrialisation, de consolidation et de mutualisation associées au Cloud. Qu’elles conservent la main sur leurs infrastructures et son exploitation, ou qu’elles les aient externalisées, les plus avancées se trouvent dès maintenant confrontées à la nécessité de définir l’étape suivante.

Bruno Pinna, Directeur Cloud computing, Bull

Que faire une fois que tout a été rationalisé et optimisé ? Cette question que se posent les pionniers du Cloud, la plupart des entreprises qui s’engagent aujourd’hui dans la démarche en surveillent avec attention la réponse.

La consolidation, et après ?

Spontanément, et assez logiquement, le regard se tourne vers les applications et les services.

En instancier certains, non stratégiques, dans le Cloud public, apparaît en effet comme un bon moyen de poursuivre la réduction des coûts tout en recentrant la DSI sur les applications cœur de métier et/ou sensibles, où sa valeur ajoutée est la plus significative.Des outils banalisés comme la bureautique, la messagerie ou la gestion des temps forment ainsi d’excellents candidats pour sortir de la sphère de l’entreprise.

Cette démarche doit se faire dans une perspective globale, où la réduction des coûts ne peut être la seule motivation. Certes, la DSI, comme toutes les composantes de l’organisation, est actuellement soumise à une très forte pression. Et le Cloud étant fondamentalement une réponse à la sous utilisation endémique des ressources, elle-même principal facteur de coût de l’informatique, il est naturel que la question financière ne soit jamais très loin. Mais le Cloud est bien plus qu’une simple opportunité d’économies. Il s’agit maintenant d’avoir une approche à 360 degrés du portefeuille de services de l’entreprise, et de tirer parti des attributs fondamentaux du Cloud (flexibilité, élasticité, collaboratif) pour imaginer et mettre en place de nouveaux services métiers, sans créer de nouveaux silos dans un système d’information désormais étendu.

« The Cloud is the computer »

Il convient donc d’observer un temps de pause, ou plutôt de préparation. Après la première phase du Cloud, celle de l’optimisation des infrastructures, la deuxième va concerner la mise en capacité de la DSI à évoluer dans un environnement ouvert de Clouds multiples et fédérés (privé, publics, communautaires…) et à devenir un fournisseur de services pour l’entreprise. Car, en dernier ressort, c’est bien de cela dont il s’agira à terme : pouvoir sélectionner et mettre en œuvre, parmi toutes les options disponibles, la ressource qui correspondra le mieux aux caractéristiques des services définies dans un catalogue sans cesse en évolution. Qu’il soit privé ou public, un Cloud est appelé à être un environnement parmi d’autres, avec ses attributs et fonctionnalités (définis par des APIs), ses avantages et ses inconvénients, entre lesquels il faudra choisir, exactement comme on choisissait hier une pile serveur/OS/base de données. On pourrait dire aujourd’hui que « The Cloud is the computer » pour paraphraser John Gage.

Cette deuxième phase est d’autant plus importante à mettre en œuvre qu’elle n’est plus guidée par des considérations principalement techniques (virtualisation, consolidation…) mais par une réflexion en profondeur sur ce qu’attendent les métiers et la façon de le leur fournir. Il s’agit de définir précisément ce que doit être un service (quelle granularité ? quel niveau d’abstraction ?), quelles sont ses caractéristiques (niveaux de service, sécurité, droits utilisateurs) et, peut-être le plus important, comment le mettre en œuvre. Pour les services applicatifs, des questions clés et encore mal appréhendées vont en effet inévitablement se poser : comment exposer efficacement des applications dans le Cloud ? Quel cadre de développement, d’intégration, de déploiement, de maintenance ? Comment piloter l’expérience utilisateur à partir d’indicateurs techniques fournis par l’infrastructure et les applications ? Bref, la définition du cadre technique dans lequel peut intervenir l’instanciation des applications au sein d’un modèle Cloud est un enjeu majeur pour la DSI.

La DSI, un orchestrateur de services

Si les « Cloud Management Platforms » que l’on voit apparaître aujourd’hui joueront indéniablement un rôle clé à l’avenir, elles ne sauraient régler seules toutes ces questions. Il appartient en premier lieu à la DSI de se voir dorénavant comme un orchestrateur de services. Elle doit se doter de l’ensemble des moyens techniques et opérationnels (y compris donc en termes de compétences techniques et métiers et d’organisation) pour déployer des services et en maîtriser la qualité. Quelle que soit la plateforme Cloud retenue, ce qui compte par-dessus tout, c’est la capacité, à travers le catalogue de services et la description formelle de ces services, à déployer et gérer ceux-ci pour apporter à l’utilisateur final la qualité d’expérience (QoE/Quality of Experience) promise.

La réduction des coûts ne doit donc pas être le seul paramètre d’évaluation de la DSI. Ces dernières années, elle a bien souvent gagné au sein de l’organisation sa place de partenaire de l’innovation des métiers. Bien qu’il soit par nature un outil d’efficacité économique, le Cloud doit aussi être pour elle une occasion de renforcer ce statut. Grâce au(x) Cloud(s), la DSI doit pouvoir proposer à ses clients des services plus riches, plus adaptés, porteurs de fonctionnalités nouvelles et à valeur ajoutée. Ce sera possible si elle s’organise dès maintenant autour d’un catalogue de services et développe toutes les capacités nécessaires pour en assurer le déploiement en pilotant la QoE.

Plus d’information : Le cloud by Bull

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