Rani Halimi, architecte Cloud, Bull
Depuis mai 2003 chez Bull, Rani Halimi a occupé successivement des postes d’expert technique, de responsable de centre de compétences et d’architecte solution. Il participe depuis deux ans à la définition technique de l’offre Le cloud by Bull ™ en tant qu’architecte.
Dans l’informatique d’entreprise, ce qui se trouve entre les machines et les applications a toujours été le plus obscur, le plus complexe, mais aussi le plus indispensable à la bonne marche du système d’information. C’est aujourd’hui, et ce sera demain, encore – et plus que jamais – le cas avec le Cloud.
Utiliser des applications en mode SaaS, c’est intéressant, mais génériques, elles ont rarement la richesse des outils internes, paramétrés sur mesure et polis par l’usage. Utiliser des serveurs virtualisés en mode IaaS, c’est intéressant, mais cela ne suffit pas à concrétiser la promesse d’une informatique plus agile, plus réactive, et tarifée à l’usage. La clé d’un Cloud mature, qui apporte toute la valeur du modèle, se trouve entre les deux, dans le PaaS.
Le PaaS est le middleware du Cloud. Il comprend, délivrées et facturées à l’usage, toutes les briques d’infrastructure logicielle nécessaires aux applications de l’entreprise : serveur d’application, base de données, portail, outils de BPM, de développement, d’intégration, de sécurité… Pour l’heure, cependant, le contenu des offres de PaaS reste trop souvent flou par manque de définitions, de standards et de perspectives claires.
Pour autant, les entreprises les plus en pointe sur le Cloud ont déjà pris conscience du caractère fondamental de cette couche intermédiaire. Dans leurs appels d’offres, on constate qu’elles ne demandent plus seulement des machines virtuelles et un système d’exploitation, mais des plateformes de plus en plus riches, tournées vers la production et non plus seulement vers le développement, et surtout accompagnées de services.
En effet, depuis la conception et l’intégration jusqu’à l’exploitation et la maintenance, la mise en œuvre d’une plateforme, qu’elle soit externalisée ou non, nécessite l’intervention d’experts : développement d’interfaces, administration de la base de données, équilibrage de charge… Avant d’atteindre la fluidité, l’élasticité et la simplicité promises par le Cloud, c’est ainsi tout un ensemble de technologies et de processus qu’il s’agit de mettre en place entre la DSI, son (ou ses) prestataire(s) et ses clients métier.
Très vite, l’adoption du PaaS se révèle donc un véritable projet de transformation. Quel périmètre ? Quelles technologies ? Que faire de l’existant ? On retrouve les problématiques propres aux grands projets d’intégration et l’accompagnement d’un intégrateur conseil est nécessaire pour procéder à une mise à plat du parc applicatif : quelles applications sont mutualisables, quelles applications sont éligibles au Cloud, sur quelles plateformes fonctionnent-elles ? Une cartographie s’impose de façon à pouvoir faire, dans un deuxième temps, les choix de technologies et de prestations les plus pertinents.
Malgré les incertitudes et les difficultés, la recommandation de Bull est cependant de se lancer dès maintenant dans le PaaS. Il est en effet essentiel d’acquérir dès à présent l’expérience qui permettra de tirer pleinement parti du PaaS lorsque les bonnes pratiques seront stabilisées et les standards établis. Grâce à des pilotes sur des périmètres techniques ou métier limités, la DSI doit apprendre à opérer dans le Cloud, à créer des environnements mixtes et intégrés. Elle doit aussi monter en compétences pour pouvoir dialoguer avec les métiers d’une part, en attente de la souplesse, de la réactivité et de la qualité de service promises, et avec les fournisseurs Cloud d’autre part, dont l’intérêt demeure un maximum d’uniformisation. C’est dès aujourd’hui que doivent se développer la culture et les pratiques d’une informatique qui doit savoir, dans le Cloud, se rationaliser par la mutualisation mais conserver les spécificités gages de différenciation. Attendre serait préjudiciable, car il y a plus de risque à manquer la vague du PaaS que de chuter en s’y essayant dès à présent.
Platform as a Service (PaaS). La possibilité offerte au consommateur est de déployer dans l’infrastructure Cloud des applications acquises ou créées par l’utilisateur en utilisant des langages de programmation, des librairies, des services et des outils supportés par le fournisseur. Le consommateur ne gère pas et ne contrôle pas l’infrastructure Cloud sous-jacente qui inclut réseau, serveurs, systèmes d’exploitation et stockage, mais a le contrôle sur les applications déployées et éventuellement sur les paramètres de configuration pour l’environnement d’hébergement applicatif.
Source NIST.
Le DSI à l’épreuve du Cloud : l’avis d’expert de Samuel Gautier









