
Bull est l’un des principaux partenaires de la DGME, qui met la technologie au service de l’efficience de l’administration française. Rencontre avec Gilles Lassarre, chef du département des projets d’administration électronique du service Projets de la DGME, et Hervé Le Bars, chef de pôle au sein de ce même département.
Quel est le rôle de la DGME ?
Gilles Lassarre : La direction générale de la modernisation de l’État (DGME) est un organisme interministériel rattaché au ministère du Budget. Elle pilote le suivi de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et accompagne les ministères dans leurs chantiers de transformation. Elle conduit également des chantiers interministériels structurants dans le but d’améliorer la qualité des services publics. Elle est structurée en trois grands services :
Le service Innovation est chargé, en s’appuyant sur une démarche novatrice d’écoute, d’identifier les besoins liés aux événements de vie des usagers de l’administration (citoyens, entreprises, associations et collectivités locales) et de suggérer des axes de progrès.
Le service Conseil accompagne les administrations dans la rationalisation de leurs procédures internes dans le cadre de la RGPP.
Le service Projets, auquel appartient le département des projets d’administration électronique, est chargé de piloter les chantiers interministériels de modernisation portant notamment sur la simplification des démarches administratives, l’amélioration de l’accueil et le développement de l’administration électronique. Il est l’instigateur du site mon.service-public.fr.
Hervé Le Bars : Le but du système d’information ‘interstitiel’ (ou inter-administration) de la DGME est de simplifier la vie des usagers de l’administration avec des services en ligne innovants. La DGME n’intervient pas sur les applications des métiers, elle ne s’y substitue pas, mais elle crée des liens entre les usagers et les services publics d’une part, et entre les différents acteurs publics d’autre part. Autrement dit, notre rôle est d’ajouter des couches de Front et de Middle Office au Back Office des administrations.
Quels sont les systèmes aujourd’hui mis en place ?
H. L. B. : Le SI de la DGME est constitué de quatre briques majeures.
La première est le site mon.service-public.fr (MSP). Cadre pratique dans lequel peuvent s’inscrire harmonieusement les services en ligne de l’administration, MSP devient progressivement le point d’entrée unique d’accès aux démarches administratives en ligne. Avec MSP, l’usager se connecte une fois grâce à un identifiant unique et accède à l’ensemble de ses comptes administratifs avec lesquels il a créé des liaisons de comptes. MSP propose d’autres fonctionnalités innovantes à forte valeur ajoutée comme l’espace de données dans lequel l’usager peut, en toute sécurité, enregistrer une fois pour toutes ses coordonnées personnelles (nom, adresse, etc.) pour ne pas avoir systématiquement à les ressaisir lors de ses démarches. C’est aussi le lieu où se conservent en toute confiance les pièces justificatives échangées avec l’administration. L’usager bénéficie également d’un suivi facile de ses démarches grâce à son tableau de bord et bénéficie d’une information personnalisée.
La deuxième brique est Ma démarche en ligne (MDEL) aussi appelée « l’usine à dématérialisation ». Cette usine permet de réduire sensiblement le temps s’écoulant entre l’expression du besoin et la mise en service d’une démarche. Grâce à ce dispositif extrêmement puissant et novateur, que nous développons entièrement avec Bull, il n’est plus nécessaire de s’interroger de façon récurrente sur l’ergonomie, le mode de connexion à MSP, le pré-remplissage etc. tout cela étant prédéfini.
G. L. : Le troisième étage de notre fusée, c’est la plate-forme d’échanges et de confiance (PEC). C’est un élément moins visible pour l’usager mais essentiel pour la qualité du service rendu puisqu’il assure l’acheminement sécurisé des formulaires et des documents administratifs entre les différents acteurs concernés. C’est également ce qui permet d’alimenter le tableau de bord de MSP. Enfin, quatrième et dernière brique de notre dispositif, le réseau interministériel SIGMA, l’infrastructure hautement sécurisée sur laquelle transitent toutes ces informations, qui couvre l’ensemble des services de l’Etat.
La sécurité est une question essentielle quand on évoque l’administration électronique. Comment la DGME l’aborde-t-elle ?
G. L. : La sécurité est pour nous une préoccupation de tous les instants, non seulement parce que nous manipulons des informations personnelles extrêmement sensibles mais aussi parce que les citoyens ont avec leur administration un lien privilégié de confiance que nous devons à tout prix préserver. C’est pourquoi, par exemple, l’espace des données personnelles de MSP est strictement privé : les données sont cryptées et même l’administration n’y a pas accès. MSP a ainsi fait l’objet d’un travail préparatoire approfondi avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). A chaque instant, l’usager reste quoi qu’il arrive le décideur de ce qu’il transmet ou non. Notre première préoccupation est toujours l’usager car notre rôle est de lui permettre de mieux gérer sa relation avec l’administration, et non l’inverse.
H. L. B. : Les différentes composantes du SI de la DGME sont sécurisées par des dispositifs très stricts : login/mot de passe, identification par mobile pour MSP et bientôt certificats, authentification, horodatage et signature électronique, soit toutes les fonctions de confiance qui garantissent la validité des échanges pour la PEC. Quant à la façon de gérer et d’exploiter les applications, elle est régie par des documents de référence, dont le référentiel général de sécurité (RGS), auquel Bull se conforme scrupuleusement dans son activité d’hébergement.
Quels sont les différents domaines sur lesquels Bull intervient aux côtés de la DGME ?
G. L. : Bull héberge l’application MSP qui compte deux millions d’utilisateurs réguliers et 20 000 visites quotidiennes. Bull construit avec la DGME le moteur de dématérialisation MDEL. Enfin, Bull va également assurer la maîtrise d’œuvre et construire la PEC. Bull est donc un acteur essentiel dans l’édification de notre système d’information, d’autant que Bull n’est pas seulement un prestataire technique : c’est pour nous un véritable partenaire, qui connaît nos enjeux, nos spécificités, et qui sait se montrer force de proposition. Avec Bull, nous anticipons d’ores et déjà sur des logiques de Cloud computing pour améliorer la performance ou sur l’intégration de nouveaux canaux mobiles à notre panoplie de services aux usagers, ce que nous appelons le Citizen Relationship Management.

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