Tera 100, le supercalculateur le plus efficace au monde et le 1er supercalculateur européen à passer la barre du pétaflops[1]est un succès industriel majeur qui souligne le savoir faire du CEA et de Bull dans le développement de technologies ultra performantes, au meilleur niveau mondial.

Le point pour Bull Direct avec :
- Jean Gonnord, Chef du projet simulation numérique et informatique au CEA/DAM et
- Pierre Leca, Chef du département des sciences de la simulation et de l’information au CEA/DAM
Grâce à Tera 100, l’Europe passe la barre du pétaflops dans le calcul intensif. Les résultats du Top 500 viennent d’être publiés. Une réaction à chaud ?
Jean Gonnord – Tera 100 vient en effet d’obtenir la 6e place au Top 500, il a frôlé la 5e, mais le véritable succès n’est pas là. Le véritable succès, c’est que pour la première fois une machine de cette classe a été conçue et réalisée en Europe par un grand constructeur européen, Bull. C’est le résultat d’une politique conduite sans faille depuis plus de 10 ans par le CEA/DAM avec son partenaire industriel Bull.
Pierre Leca – Il est très important de noter aussi qu’au-delà de la performance démontrée et de la place acquise, nous avions la volonté de réaliser une architecture équilibrée, c’était primordial pour nous et au cœur de la co-conception entre nos laboratoires de recherche et Bull. Cet équilibre est démontré par l’efficacité que nous avons obtenue qui est sans doute la meilleure au monde.
La Chine fait son entrée au Top 5 avec deux supercalculateurs. Quel est votre commentaire ?
Pierre Leca – Cette progression de la Chine n’est pas une surprise. C’est le résultat d’une politique menée depuis 20 ans dans le cadre de plusieurs plans quinquennaux, qui visent à rétablir une indépendance technologique dans tous les secteurs des technologies de l’information, et notamment du processeur jusqu’au supercalculateur. Aujourd‘hui, les 1er supercalculateurs chinois utilisent des processeurs américains, mais dès l’an prochain, ils devraient être 100 % chinois avec des processeurs chinois.
Jean Gonnord – Le programme chinois est en effet extrêmement ambitieux et il va se poursuivre dans la durée. Cependant, n’oublions pas que dans le même laps de temps, le CEA/DAM et Bull ont réussi par deux fois à se trouver dans une position quasi équivalente !
Comment se situe l’Europe en ce domaine ?
Jean Gonnord – Jusqu’en 2005, l’Europe a accumulé un retard considérable, notamment par rapport aux USA. Elle a réagi depuis en lançant un grand programme d’équipements pour ses chercheurs, mais elle n’a fait aucune place au développement des technologies. C’est pourquoi, le CEA/DAM a soutenu un programme ambitieux avec son partenaire Bull, dont l’un des résultats est Tera 100.
Pierre Leca – Sans attendre une initiative européenne, nous poursuivons nos investissements par la mise en place de deux laboratoires communs. Le premier avec Bull, l’Extreme Computing Lab pour préparer les technologies de la future génération Exascale[2] et le second en coopération avec Intel, l’Université de Versailles/St Quentin et GENCI, nommé Exascale Research Laboratory.
Pour ce qui concerne l’Europe, on peut être optimiste puisqu’elle maîtrise l’ensemble des technologies qui permettront d’aller à l’Exascale : du processeur, aux logiciels, jusqu’à l’intégration de machines. Il faut simplement qu’elle en prenne conscience et qu’elle mette en place un programme à l’instar de ce fait la Chine ou la Russie ; les USA et le Japon ayant les leurs depuis un demi siècle… Car en matière de technologies, rien n’est jamais perdu, il est toujours des périodes de rupture où il est possible de revenir au premier plan. C’est la situation que nous connaissons aujourd’hui.
Est-ce important d’avoir un constructeur européen capable de concevoir, de produire et de déployer de tels supercalculateurs ?
Jean Gonnord – Le calcul haute performance est fondamentalement stratégique, non seulement pour la défense, mais aussi pour toute notre économie et même notre société. L’Europe représente plus de 35% de ce marché mondial. Il est donc impératif qu’elle en maîtrise les technologies, c’est ce que nous venons de démontrer avec Tera 100. Il faut maintenant renforcer et développer nos positions sur ce marché.
Tera 100, Formule 1 et un champion d’endurance
- Le supercalculateur le plus efficace au monde
- Le premier supercalculateur européen à passer la barre du pétaflops : Tera 100 réalise en une seconde plus d’opérations que les 6 milliards d’habitants de la planète ne le feraient en 2 jours à raison d’une opération par seconde pour chacun
- Conçu pour la production 24h/24
- 4 370 supernodes bullx
- 140 000 cœurs Intel® Xeon® 7500
- 300 Téra octets de mémoire centrale
- 20 Péta octets de capacité de stockage, équivalent à plus de 25 milliards de livres
- Un débit de 500 Go/sec, qui constitue un record du monde pour ce type de système

Pour plus d’information >>> http://www.bullworld.fr/c_gRbTXb_fr
Pour plus d’information >>> http://www.bull.com/fr/extreme-computing/index.html
[1] Pétaflops = un million de milliards d’opérations par seconde
[2] A l’horizon 2020, les prochains supercalculateurs seront Exaflopiques (1018 opérations par secondes, soit un milliard de milliards d’opérations par seconde)










