TRIBUNE
Janvier 2010

La révolution la plus importante de l’Internet est à notre portée

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Bruno Pinna Par Bruno Pinna, Directeur Marketing Groupe
2009 aura été une année charnière dans le développement de l’Internet de demain et dans la transformation de l’informatique des entreprises. Il faudra retenir de cette année l’apparition des réseaux sociaux à grande échelle, l’adoption généralisée des Smart Phones pour les applications grand public et l’émergence du Cloud Computing pour les applications d’entreprise.

C’est souvent la maturité simultanée de diverses technologies qui conditionne l’émergence d’innovations de rupture. Pour le Cloud Computing, cette simultanéité est venue de trois grands domaines: la généralisation des réseaux à large bande, la virtualisation et les Web Services.

Le Cloud Computing continue à susciter un intérêt considérable en ce début 2010, et ses effets se feront sentir sur le long terme. C’est ainsi que Gartner indique qu’en 2012, 20% des entreprises ne posséderont plus directement d’équipements informatiques, sollicitant des traitements et des applications à distance, au travers d’Internet.

Associé au Cloud Computing, le développement de grandes usines numériques va s’accélérer dans les années qui viennent, et Bull est à l’avant garde dans ces développements. Mais en 2010 nous verrons également apparaître de tout nouveaux usages dans le cadre d’un Internet étendu.

Cette vision d’un Internet support de myriades de transactions, ayant pour origine une nouvelle génération d’équipements intelligents, c’est celle de l’Internet des objets (« Internet of things »), vision initialement développée dans le milieu des années 95 dans le cadre de l’initiative « Things That Think » du MIT Media Lab.

L’Internet des objets sera, lui aussi, le résultat de la combinaison de diverses technologies. Cette fois, la généralisation des accès à Internet et les Web Services vont se combiner aux nanotechnologies pour permettre à des objets de plus en plus sophistiqués de se raccorder au réseau pour devenir actifs au sein de processus complexes.

On verra alors une interpénétration totale entre deux mondes aujourd’hui distincts, le monde virtuel et le monde physique. Cet Internet des objets aura des déclinaisons dans le grand public et dans les applications professionnelles.

Dans le grand public, on voit apparaître progressivement des objets originaux, communicants, capables de réaliser des fonctions évoluées. Qui n’a jamais vu Nabaztag*, objet numérique représentant un lapin, pouvant diffuser des informations sous forme vocale ou par codes lumineux, obéir à des commandes vocales ou lire des tags RFID, en étant directement connecté à Internet ?

Nous verrons apparaitre en 2010 une multitude d’objets de cette nature, aides à la vie quotidienne ou éléments centraux dans des jeux de réalité augmentée, par exemple.

Dans le domaine professionnel, les applications sont potentiellement infinies, et les défis technologiques étant maintenant maîtrisés, nous allons entrer de plain pied dans la réalité, avec des objets de tous ordres: smart phones, voitures intelligentes, compteurs électriques, équipements urbains de sécurité, de protection ou d’assistance à la personne.

Le premier défi était la capacité de gérer des milliers, voire des centaines de milliers d’objets au sein d’un réseau. Ceci peut se faire par la capacité d’adressage associée à IPv6 et par la capacité à construire des usines numériques du ressort de l’Extreme Computing.

Le second défi, corollaire du précédent, était de voir le modèle des Web Services fonctionner avec des temps de réponse d’un ordre de magnitude inférieurs à ceux des applications Internet conventionnelles. En effet, les systèmes d’information doivent être capables d’analyser les états des objets et de recevoir des données massives en provenance de ces objets en temps réel, pour prendre des décisions et des actions.

Quelle réalité pour l’Internet des objets?

Au premier plan, les réseaux électriques de nouvelle génération (smart grids) permettront d’optimiser production et distribution en contrôlant les équipements domestiques (compteurs intelligents) et en intégrant les sources alternatives (solaire, éolien). Selon le Climate Group, les smart grids sont le premier outil de réduction des émissions de gaz à effet de serre et pourront générer une économie annuelle de 2,03 giga-tonnes d’équivalents CO2 en 2020, correspondant à ce qui est généré par toutes les habitations et tous les véhicules aux USA.

Dans la défense et la sécurité intérieure, le contrôle des identités, la détection de comportements suspects ou la traçabilité des flux seront des objectifs essentiels.

Dans les transports, l’automatisation accrue des transports collectifs et l’interaction entre les véhicules et des routes communicantes permettront d’améliorer la sécurité et de réduire l’empreinte écologique. Dans le domaine de la logistique, l’identification des objets permettra à cette industrie d’atteindre des gains de productivité considérables. Selon SAP, le coût associé aux pertes de bagages dans l’industrie aéronautique a été de 3,8 milliards de dollars en 2007.

Pour développer l’Internet des objets, il nous faudra continuer à repousser les limites technologiques.

Le très haut débit, qui conditionnera l’accès aux services, sera fondamental. On évoque d’ici 2020 des trafics trois cents à mille fois supérieurs à ceux d’aujourd’hui.

Par ailleurs l’accent doit être mis sur les objets, puces et capteurs embarqués, qui révolutionneront les usages. En permettant le suivi de paramètres physiques et une adaptation des systèmes en temps réel, les objets communicants apporteront de l’intelligence à un environnement qui deviendra plus riche, plus sûr, mais aussi plus complexe.

Et enfin, pour démêler cette complexité, analyser le flot massif et continu de données issu des dispositifs de capture et de traitement du signal, l’accent devra être mis sur le troisième pilier des infrastructures du futur : les usines numériques.

Le futur? En combinant par exemple l’une des grandes innovations de 2009, les réseaux sociaux, avec l’Internet des objets, on imagine que cette osmose créera des opportunités sans limites. Gartner émet ainsi l’hypothèse qu’en 2014, au moins 50% des messages à destination de réseaux sociaux seront émis par des programmes automatiques ou des objets. Par ailleurs, selon Ericsson, 50 milliards d’objets communicants utiliseront en 2020 les réseaux mobiles à large bande. Ce qui équivaudra en moyenne à 10 objets pour chacun d’entre nous. A partir d’aujourd’hui, les possibilités sont infinies.

Ce pari du futur, Bull le fait et aide ses clients à le relever, notamment avec bullx, consacré meilleur supercalculateur au monde et pierre fondatrice des usines numériques du futur, comme avec sa récente acquisition d’Amesys. En combinant capacités d’acquisition et de traitement des données à grande échelle, Bull se positionne dès aujourd’hui en leader des infrastructures numériques de la société de demain.

*Ce produit est développé par la société française Violet (www.violet.net). Bull n’entretient pas de relations d’affaires avec cette société, et cet exemple est purement illustratif.

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